Le cinéma répercute cette évolution nécessaire et salvatrice avec une certaine réussite (Génération perdue – 1985, Aux frontières de l'aube – 1987), déclanchant une vague de sympatie et d'interet pour cette espèce. En 1991, le jeu de rôle Vampire la Mascarade enfonce le pieux et reprend à son compte les écrits d'Anne Rice. Une réussite sans précédent dans le domaine qui conduit à une adaptation télévisée sous le titre Kindred : The Embraced (1996).
À l'aube du nouveau millénaire, nul ne voit plus les vampires comme de banals suceurs de sang. Si, en 1992, Dracula se paie le luxe d'une production grandiloquente où il retrouve toute la magie de ses illustres prédécesseurs, l'heure n'est plus au classicisme. Du coup, Gary Oldman compose un compte alternant bestialité et douceur avec une verve surprenante de justesse. Les deux approches semblent devoir cohabiter sans jamais se faire défaut. Son Dracula, bien que situé dans le passé, est résolument contemporain pour ne pas dire avant avant-gardiste tant son charisme, sa physionomie et surtout son romantisme en parfont l'aura, le rapprochant ostensiblement de Lestat.
Un parfum que l'on retrouve sur Angel dans la série éponyme, qui est un vampire humaniste qui finit par se ranger du côté des humains, luttant désespérément contre ses instincts dans l'espoir d'une non-vie meilleure. Une dualité qui marque la troisième évolution du mythe dont Blade (1998) et Selene (Underworld – 2003) deviennent les porte-drapeaux. Tous deux sont des chasseurs, des guerriers lancés dans un conflit fratricide pour la sauvegarde des humains (Blade) ou la survie des vampires (Selene). Là, il n'est plus question de sang, de victimes et de crocs, mais d'êtres aux capacités hors normes luttant pour un idéal. Ancrés dans le XIXe siècle, ils ne partagent aucun trait avec leurs ancêtres à l'exception des canines. Rapides, mortels, déterminés et combatifs, ils sont la nouvelle génération.