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Accueil » Le mythe des vampires
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Si, pour beaucoup, Dracula incarne le père de tous les vampires, l'histoire de ces créatures remonte pourtant aux balbutiements de la civilisation, avant de s'émanciper et de se développer au fil des siècles pour devenir le prédateur raffiné aux canines proéminentes avide de sang frais que tout le monde connaît.


À en croire le dictionnaire courant, un vampire est « un fantôme sortant la nuit de son tombeau pour aller sucer le sang des vivants ». En 1818, Collin de Plancy en donne une définition plus complète dans les pages de son Dictionnaire infernal : « C'étaient des morts qui sortaient la nuit de leur cimetière pour aller sucer le sang des vivants. La Hongrie, la Pologne, la Moldavie en furent longtemps infestées. [...] Ils peuvent quitter leur cercueil depuis midi jusqu'à minuit. [...] Ils vont la nuit embrasser étroitement leurs parents, leurs amis et leur sucent le sang jusqu'à les exténuer et causer leur mort. [...] Ceux qui ont été sucés par les vampires le deviennent à leur tour » . À noter que Plancy consacre un ouvrage entier au sujet en 1820 sous le titre Histoire des vampires et spectres malfaisants. Reste qu'au fil des siècles le vampire à alimenté de nombreux mythes et tout autant de légendes qui varient selon les pays, les époques et ceux qui en rapportent les exactions.

(dossier complet extrait de "ciné Film(s) #17, mai/juin 2006)

Tags associés : mythe, vampires

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Mercredi 11 Juin 20083 commentaire(s)

 

Les premières traces d'êtres buveurs de sang remontent à un dessin ornant un vase préhistorique découvert en Perse. Dans la Grèce antique, les ombres du royaume d'Hadès sont décrites comme friandes du sang des victimes, à tel point qu'en Crête (d'après l'écrivain grec Pausanias), on s'en protège en enfonçant dans la tête de certains morts un clou. Sous l'Empire Romain la loi Jus Pontificum indique que les corps ne doivent pas être abandonnés sans sépulture, laquelle était en plus protégée contre les voleurs et les ennemis. Au XIIème siècle, l'Angleterre pullule de vampires qui y sont brûlés en place publique pour canaliser les peurs populaires. Au XIV ème siècle, nous les retrouvons à l'occasion des épidémies de peste, qui donnent lieu à une traque et une extermination systématique de tous les prétendus caïnites. Le XVème siècle voit l'avènement de Vlad III, voïvode de Valachie et appelé à devenir le fameux compte Dracula. Enfin le XVIIème siècle est marqué par Erzsébet Báthory, plus communément appelée Élisabeth Bathory, aristocrate hongroise qui aurait torturé, mutilé et tué entre 100 et 600 femmes. Elle est arrêtée et emmurée vivante en 1610 et mourra quatre ans plus tard. Son obsession de la vieillesse, à laquelle elle pensait échapper en buvant le sang de ses victimes en fait une vampire aux yeux de tous. Mais ce n'est pas la seule raison de cette croyance, puisqu'elle aurait partagé avec Dracula (bien plus tard évidemment) l'appartenance à une société secrète : l'Ordre du Dragon, élément capital de la construction du mythe moderne.

Tags associés : sources

J'kaz !
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Mercredi 11 Juin 20081 commentaire(s)

 

Les vampires existent donc depuis la nuit des temps sous diverses formes, toutes aux antipodes de la créature nocturne drapée dans une cape et allant toutes canines dehors. Cette dernière version est le fruit de la rencontre entre un personnage historique trouble, un écrivain talentueux et l'objectif d'une caméra.

1430. Vlad III Dràculea voit le jour dans la région de Sighisoara, en Transylvanie, au coeur des Carpates. Fils de Vlad II, il est considéré comme un homme sanguinaire et surnommé par ses ennemis « Vlad Tepes » (Vlad l'empaleur en roumain) ou encore « Kaziglu Bey » (le prince empaleur en turc). L'histoire le présente comme un être brutal qui embrochait ses victimes avant de boire leur sang ou de déjeuner devant le spectacle de leur lente agonie.

S'il n'a jamais été question de vampirisme à son sujet, son appartenance à l'Ordre du Dragon devient une preuve supplémentaire de sa barbarie. Fondé en 1408 par le Saint Empereur Romain Germanique Sigismond de Luxembourg, l'ordre avait pour fonctions principales la protection des intérêts de la chrétienté et la croisade contre les Ottomans. Avec le temps la quête de l'immortalité serait devenue l'occupation principale de l'Ordre, et si le fait est non avéré, la rumeur participe directement à l'édification à la légende vampirique de Vlad l'Empaleur en faisant des membres de l'Ordre des vampires par contumace. Ajoutez à cela le dragon symbole de l'Ordre, le diminutif de Dràculea, « Drakul », qui peut se traduire en roumain par « Dragon » ou « Diable », et vous comprendrez que l'Histoire a fait du prince de Valachie un monstre presque inhumain.

Néanmoins, il fallait plus qu'une poignée de superstitions pour donner corps au mythe. Après avoir longtemps soutenu Vlad II, Mathias I Corvin le Juste, roi de Hongrie, le fait emprisonner pour d'obscurs motifs politiques. Reste que pour justifier ce retournement de situation, Corvin doit faire passer Vlad pour un indésirable, en particulier aux yeux du pape. Il fait rédiger un portrait par son secrétaire, Janus Pannonius, dans lequel il présente Vlad tel que nous le connaissons depuis. Il est décrit comme violent, agressif, décadent, auteur de toutes les horreurs, bref le document est un monument de désinformation et de propagande étonnant. Au fil des siècles, cette biographie, complétée de poèmes et de contes, connaît un succès grandissant auprès d'une populace à la recherche d'émotions fortes et de récits d'épouvante. C'est sur cette reconnaissance que s'appuie Bram Stoker lorsqu'il entame la rédaction de son roman Dracula, qui devait pérenniser à tout jamais la vie fantasmée de Vlad III jusqu'à en faire LA réalité historique.

Tags associés : compte, dracula

J'kaz !
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Vendredi 13 Juin 2008Poster un commentaire

Abraham Stoker, dit Bram Stoker, est né le 8 novembre 1847 à Clontarf, au nord de Dublin. Après des études au Trinity College, il intègre l'administration dublinoise et rédige des critiques théâtrales pour le compte du Dublin Mail. En 1878, le comédien Henri Irvin lui propose de devenir son manager et l'administrateur du Lyceum Théâtre de Londres. Il y cumule alors les postes de gestionnaire, directeur artistique, costumier, chef décorateur et s'occupe du recrutement des comédiens et du calendrier des tournées. Malgré un emploi du temps surchargé il signe des nouvelles fantastiques, genre qu'il affectionne tout particulièrement en souvenir des histoire entendues durant son enfance. Son goût pour l'étrange le pousse à rejoindre la Compagnie des Beefsteaks, un groupe d'amateurs d'histoires insolites se réunissant toutes les semaines au Lyceum Théâtre. Il y fait la connaissance du docteur Arminius Vambery, professeur de langues orientales à l'université de Budapest. Ce passionné de surnaturel et de folklore relate à Stoker diverses légendes d'Europe centrale, notamment celle concernant le mythe entourant Vlad Tepes III, surnommé « l'Empaleur » . Fasciné par ses récits, Stoker entame des recherches pharaoniques sur le sujet, en s'intéressant particulièrement à l'ésotérisme. C'est à cette époque qu'il intègre la fameuse société secrète Golden Dawn, fondée en 1888 par le révérend Woodford, le docteur Westcott, William Woodman et Samuel Mathers, qui a pour l'étude et l'enseignement des sciences occultes. Durant plus de dix ans, Stoker accumule les notes, s'abreuve de récits souvent farfelus ou romancé et s'imprègne de tout ce qui compose cet univers trouble. Cette longue période gestationnelle abouti à la publication de Dracula en mai 1897 chez Archibald Constable & Cie.

 

Dracula, dont l'action se situe entre l'Angleterre et la Transylvanie du XIXe siècle, est écrit sous forme épistolaire et se compose d'une suite de journaux intimes, d'articles de presse et de lettres des protagonistes. Rédigé à la première personne, ce choix narratif autorise la différence de points de vue et de perception du comte Dracula, le rendant plus ambigu et fascinant. Tout en conservant les bases du mythe vampirique (indisposition à l'ail, crainte de l'eau bénite et des crucifix, lecture dans les pensées, faculté de se transformer en animaux ou en brume, incapacité de franchir l'eau courante ou le seuil d'une maison sans y être invité), Stoker y introduit divers éléments devenus des caractéristiques classiques. Ainsi, Dracula ne se reflète pas dans les miroirs, est capable de se transformer en chauve-souris, supporte la lumière du soleil qui ne fait que l'affaiblir et peut être tué par un couteau au détriment du pieu en bois. Sans le savoir Stoker venait de créer l'archétype du vampire, le modèle sur lequel s'appuiera toute la mythologie, le père de tous les enfants de la nuit. Après ce chef-d'oeuvre, il a bien du mal à trouver un second souffle. Il termine sa vie comme il l'a commencée. Après la liquidation de son théâtre en 1903, il écrit plus par nécessité que par envie. Désireux de renouer à la réussite de Dracula, il termine en 1911 The Lair of the White Worm. Mais déjà la maladie l'accable, l'obligeant à rester au lit. Le 20 avril 1912, Bram stoker meurt des suites d'une insuffisance rénale.

 

Des légendes séculaires à l'incontournable roman fondateur de Bram Stoker, le vampire a connu plusieurs vies à travers les âges jusqu'à prendre une forme plus humaine et donc plus dérangeante car proche de nous. Catalysant nos peurs ancestrales, cristallisant nos désirs enfouis et faisant office de catharsis face à la dualité qui habite chaque humain, les vampires fascinent autant qu'ils révulsent. Et le cinéma (souvent en lien avec la littérature) allait en perpétuer le mythe, le renouvelant, le modifiant et lui donnant moult visages jusqu'à en dresse une cartographie aussi perplexe qu'envoûtante.

 

Tags associés : sang, plume

J'kaz !
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Mardi 24 Juin 2008Poster un commentaire

Depuis des siècles nous les craignons. Depuis des siècles, ils se terrent dans l'ombre de nos angoisses. Depuis plus d'un siècle, ils s'exposent sur nos écrans où ils sont à la fois terrifiant, charmeurs, dangereux et envoûtants. A n'en plus douter les vampires sont parmi nous et ils ont de multiples visages.

 

Lors de sa première apparition majeure sous l'objectif de F.W. Murnau en 1922, le vampire adopte un physique monstrueux et repoussant en totale avec l'image que l'on s'en fait. Hypnotique, déroutant, tourmenté, Nosferatu est une bête se terrant dans l'ombre, qui attend patiemment la venue d'une victime dont la curiosité imprudente entraîne l'anéantissement. Il n'a rien de social ou d'amical, il est simplement guidé par sa soif de sang et la convoitise qui l'anime. Pourtant, au-delà de ce portrait manichéen, se dessine déjà le devenir d'une entité qui cherche désespérément à être autre chose qu'un vil prédateur.

C'est ainsi que Tod Browning et Bela Lugosi, s'inspirant du roman de Bram Stoker écrit en 1897, nous proposent avec Dracula (1931) une vision plus humaine et mondaine mais tout aussi vénéneuse. Avec ce film, le vampire abandonne son linceul mortuaire pour le manteau de la civilité. Théâtral, exubérant dans ses attitudes et baroque dans sa tenue vestimentaire, il reste un être à part, difficile à situer dans le temps et à prendre au sérieux car trop caricatural.

Tags associés : evulotion, vampires

J'kaz !
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Mercredi 25 Juin 20081 commentaire(s)
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Horloge
Citation
  • "Chaque homme a trois caractères : celui qu'il a, celui qu'il montre, et celui qu'il croit avoir."
    Alphonse Karr. 
Enjoy !
Fond musical